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Voyage au Niger, présentation de l'agence Point-Afrique

        

Ce voyagiste particulier a pour vocation de désenclaver les zones désertiques du Sahara central en favorisant l'accès au tourisme d'aventure. Pour cela, il affrète des vols charter à destination d'aéroports ou les autres ne vont pas!

En 1995, Maurice Freund, ex président du Point-Mulhouse, décide de lancer un vol direct Marseille-Gao. A cette époque, les populations de cette région ne connaissaient que les hordes de "trafiquants de voiture" qui, avant la guerre, trouvaient à Gao la première plate-forme pour vendre leur butin, la prostitution des "Ghanéennes" y était prospère, la bière y coulait allègrement... Apporter une contribution par une opération de désenclavement aérien en s'appuyant sur le volet touristique: l'aventure du Point-Afrique allait commencer.

Maintenant, 5 années après, Point-Afrique amène régulièrement des touristes dans les pays d'Afrique sub-saharienne. Des places sur les vols sont vendus à la plupart des agences traditionnelles de trekking. Ainsi, les zones les plus reculées de ces pays particulièrement difficiles d'accès vont profiter de ces actions de développement: 

bulletEn Algérie, avec un vol hebdomadaire direct de Paris pour Tamanrasset et Djanet, ainsi que Timimoun via Alger.
bulletAu Mali, avec un vol hebdomadaire direct de Paris et Marseille pour Gao,
bulletAu Niger, avec un vol hebdomadaire direct de Paris et Marseille pour Agadez
bulletEn Mauritanie, avec deux vols hebdomadaires directs de Paris et un de Marseille pour Atar, avec prolongation sur Tidjika.

En complément des vols, Point-Afrique organise des trekkings, expéditions en 4x4 et séjours dans chacun de ces pays. Ces circuits sont parmi les moins chers du marché, grâce à une utilisation systématique des ressources humaines et logistique du pays d'accueil

Pour mieux appréhender l'esprit particulier de cette agence, voici un extrait de l'éditorial de sa brochure 2001 / 2002:

La coopérative Point Afrique

<< Quand on nous assimile à une agence de voyage, nous nous sentons quelque peu irrités, voire blessés. Point-Afrique n'est pas une entreprise "capitalistique" et ne peut en aucun cas redistribuer de bénéfices à ces actionnaires.

 

Dés le départ, pour bien nous différencier, nous avons fait un choix fondamental et déterminant: s'inscrire dans l'économie sociale. Deux postulats de base régissent notre objectif:

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Tous les bénéfices (une fois assurées des réserves indispensables pour couvrir les risques économiques - environ 10% des risques aériens) se doivent d'être intégralement réinvestis dans des projets de développement dans les pays visités (projets d'ordre économiques ou culturels).

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Tenter de concevoir un tourisme dont les retombées économiques servent les populations locales et bien entendu, respectent un minimum d'éthique et d'équité. Ce n'est pas toujours évident, la manne touristique éveillant bien des appétits engendrant des contradictions parfois bien difficiles à gérer sur place.

 

Choix des destinations: Notre action se situe le long d'une importante de fracture entre des populations nomades berbéro-arabes et une population sédentaire négro-africaine. La situation actuelle de ces peuples est très fragile et complexe. Les richesses d'autrefois, les grandes caravanes transsahariennes, les rezzous, l'esclavage ont aujourd'hui disparu. De plus, ces dernières décennies, de terribles sécheresses ont totalement déstructuré leur vie économique et sociale. De graves problèmes interraciaux génèrent des situations conflictuelles, aggravées par un exode de populations à la recherche d'un mieux vivre.

Le tourisme peut-il avoir une réponse à ces maux ?? Ces mêmes zones possèdent des paysages envoûtants, pour nous occidentaux. De plus, ces mêmes populations ont su conserver un art de vivre et un sens de l'hospitalité. Le tourisme y apporte bien des dérives, nous en sommes conscients et nous tentons de minimiser ses effets dévastateurs en faisant savoir notre raison d'agir et en agissant sur le terrain:

Formation des guides - participation à la création de jardins expérimentaux et à la formation à l'agrobiologie - manifestations culturelles en soutien à la sauvegarde du patrimoine local...

 

Politique des prix: Notre ancienne culture du Point-Mulhouse nous pousse à pratiquer des prix les plus justes pour que le tourisme saharien ne soit pas réservé à la seule élite aisée. Nous vivons là une contradiction bien difficile à gérer: d'un coté nous espérons générer des bénéfices pour amplifier notre action, de l'autre nous cherchons à réduire les marges pour les budgets modestes...

Nous avons aussi l'obligation de trouver des centaines de passagers pour assurer un remplissage correct de nos vols spéciaux.

 

Nos (dés) illusions: Rassembler un ensemble de voyageurs qui ont soif de découverte et de rencontre d'autrui. Sublimer le commercial et réduire la relation clients-fournisseurs à une véritable notion d'échanges par une totale transparence. Que faisons nous d'autre si ce n'est prendre un énorme risque commercial (remplir des vols sur des axes sans support économique et sans clientèle captive pour désenclaver des zones isolées avec peu de ressources). Point-Afrique est la seule entreprise (à ce jour) qui a choisi volontairement d'assurer des liaisons aériennes sur des terrains perdus aux limites de l'extrême. Si l'appât du gain était notre seule motivation, nous aurions choisi d'autres destinations bien plus rémunératrices et moins aléatoires.

Il nous arrive (de plus en plus fréquemment) de nous interroger sur l'évolution de notre action et son bien fondé. Accepter les sarcasmes de quelques "clients-touristiqueurs" nous devient insupportable. On ne va pas à Gao, à Agadez ou dans le désert en général pour trouver une organisation parfaitement minutée et sans âme.

Avec Point-Afrique, on essaye de se plonger dans un contexte local sans apporter avec soi l'obligation de résultats. Mais quels résultats? Tout voir et ne rien sentir, afficher notre différence par des artifices de réussite sociale et se priver ainsi de la vraie rencontre et de la vraie émotion.

 

Sur place, rien n'est gagné d'avance. Bien sur, la première perception du touriste, par les gamins de la rue, est celle d'un portefeuille ambulant et d'un distributeur toujours pressé de "cadeaux". Toutes nos notions d'environnement ne peuvent aujourd'hui servir de repères auprès de ces populations dont la seule interrogation est la survie du jour même ou du lendemain immédiat.

Mais alors, faut-il condamner le tourisme? Nous avons encore l'espoir de croire que nos sensibilités de vrais voyageurs sauront distinguer les vraies valeurs et se comporter en visiteurs respectueux de leurs hôtes.

Il reste beaucoup à faire avant que le tourisme devienne un réel facteur de développement. Un travail sur nous-même, un travail d'humilité, un travail de disponibilité, une remise en cause de nos sacro-saints principes.

 

Cependant, n'oublions pas que des centaines de familles, par l'action de ce tourisme, échappent à l'exode et peuvent assurer un minimum vital à eux-même et à leurs enfants. Nous espérons avoir la force et le courage d'aller plus loin, d'aller vers plus de justice, vers un tourisme d'espoir... >>